L’origine des émotions négatives

D’où viennent les pensées dites négatives, c’est-à-dire celles qui entrainent un affect désagréable. Tout d’abord si nous possédons ces émotions, c’est que les espèces qui nous ont précédés nous les ont transmis. D’un point de vue évolutionniste, les émotions négatives contribuent à notre survie. La peur nous alerte d’un danger supposé, la tristesse nous prévient qu’on a perdu quelque chose que l’on considère comme important, le dégoût est une crainte de la contamination et d’éviter l’objet en question (physique comme morale) ou encore la colère est le ressenti d’une situation jugé comme injuste. Chacune de ces émotions ont trois points communs. Elles sont désagréables pour nous pousser à ne pas nous retrouver dans une situation similaire à l’avenir. C’est un principe de base des lois de l’apprentissage, la récompense encourage à continuer là où la punition pousse à arrêter. La seconde chose commune est quelle pousse toutes à un comportement via des sensations corporelles. La peur mène à l’évitement, la colère à la confrontation, la tristesse à l’apathie et le dégoût à la mise à distance. Précisons d’ailleurs que ce que nous appelons émotions n’est en fait rien d’autre qu’une série de sensations corporelles. Enfin les émotions négatives naissent généralement d’un écart négatif entre nos attentes (même inconscientes) et la réalité qui se produit (où comme l’on pense qu’elle se produit pour être plus précis).

Plusieurs conclusions à cela. Tout d’abord même si nous n’aimons pas ces sensations, les émotions négatives sont inévitables et même bénéfiques tant qu’elles ne perdurent pas et qu’elles n’atteignent pas un certain seuil. Ensuite, nous pouvons jouer sur nos émotions négatives en modérant nos attentes. En effet, moins on considère que les choses nous sont dues, moins grand sera l’écart entre nos attentes et la réalité. C’est un peu ce que disait Épictète avec son « ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les opinions qu’ils en ont. » Je nuancerai cependant un peu ce point de vue car si de nombreuses choses qui nous affectent sont à l’origine d’un construit social du « bon pour nous », il semblerait que de façon innée nous ayons sur certains points des attentes programmées génétiquement. Enfin, mieux nous comprenons vers quoi nous poussent ces émotions négatives et plus nous augmentons notre liberté de choix par rapport au fait de suivre ou non cette émotion. La connaissance peut ainsi nous permettre de sortir du « mode automatique » des émotions et de choisir la solution la plus raisonnable. Mais là aussi, cela demande de l’entrainement et ce n’est pas si simple de résister à une émotion négative.

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