Gérer les jours de moins bien

Tout individu (thérapeute compris !) a connu et connaîtra des moments de moins bien. Même indépendamment d’un trouble, nous sommes finalement condamnés à expérimenter parfois le manque d’envie, la tristesse, la solitude et autres émotions négatives. Ces phases peuvent venir pour de multiples raisons. Notre humeur est effectivement multidéterminée. Parfois la situation sera bien identifiée comme des problèmes au travail, une dispute avec son conjoint et parfois cela sera peu évident. Nous avons tendance à le minimiser mais le manque de sommeil, l’alimentation, le manque d’activité agréable, de relation sociale, l’anxiété, le fait de ne plus avancer vers des projets à un poids considérable sur notre bien-être un moment ou un autre. La première des choses à faire c’est de s’arrêter quelques secondes et de faire le tour de chacun de ces facteurs. Bien souvent l’esprit se focalise sur une seule chose et rumine dessus. Cet exercice permet de prendre un peu de hauteur et de moins écouter cet esprit bavard.

La difficulté une fois qu’on a identifié les facteurs de souffrance est de pouvoir essayer de jouer dessus. Effectivement, déprimé ou non, l’envie est un moteur à l’action. Sans envie, tout devient couteux. Ainsi, il est important d’être indulgent avec soi-même, de se rappeler qu’on fait ce qu’on peut car là aussi l’esprit bavard n’hésitera pas à nous culpabiliser. Il existe de multiples techniques pour essayer de gagner un peu d’envie (qui seraient trop longue à développer ici), mais le conseil que je pourrai donner est de composer avec ce manque d’envie et de résister à l’inertie en faisant quelques actions peu couteuse allant dans le sens du rééquilibrage des facteurs de l’humeur.

Résister à l’impuissance apprise

Je suis retombé sur cette vidéo très instructive sur l’impuissance apprise. C’est surprenant la force et la rapidité de cet effet.

Cette vidéo m’a fait penser à quelque chose que m’avait dit une instructrice MBCT. Elle parlait de comment un bébé pouvait encaisser nombre d’échecs avant de pouvoir marcher sans jamais abandonner. Elle l’expliquait par le fait que contrairement à l’adulte, le bébé n’a pas cet esprit bavard qui lui raconte des histoires sur ses incapacités. Il est uniquement dans l’instant présent. Alors, je ne suis pas sûr que l’obstination du bébé ne soit due qu’à cela, par contre cela me semble évident qu’ici les participants se sont fait attraper effectivement par leurs pensées et émotions.

Et si finalement dans ces situations d’échec, connaissant notre fonctionnement, on prenait ce réflexe de prendre du recul afin de ne pas laisser les émotions et pensées négatives nous mener vers cette impuissance apprise. Pas si simple que ça, mais ça semble valoir le coût de s’entrainer.