Courir pour son bien-être !

Selon une étude de santé publique en France, en 2017 seulement 53% des femmes et 70% des hommes atteignaient les recommandations d’activités physiques préconisées par l’OMS. L’activité physique est depuis longtemps recommandée pour la santé physique. Elle a en effet un protecteur reconnu contre les maladies cardiovasculaires, l’hypertension et la prévention de pas moins de 13 types de cancer. Elle préviendrait également le déclin cognitif et la démence. Plus globalement, une activité physique légère de l’ordre de dix minutes par jour augmente la longévité.

A contrario, ses effets sur la santé mentale sont, à mon sens, trop mal connus. Généralement les recommandations pour la santé physique sont de type prévention (pour l’avenir) alors que pour la santé mentale ses effets sont visibles dans l’immédiat. Or, il est connu que les résultats immédiats favorisent les changements. Donc une meilleure connaissance des effets pour la santé mentale pourrait stimuler davantage à pratiquer une activité physique.

Ainsi il est important de savoir tout d’abord que l’activité physique modérée du type cardio (course à pied, vélo, aérobic, etc) a des effets anxiolytiques à partir de 20 minutes. De façon intéressante, cela fonctionne même sans être particulièrement stressé. Ensuite, l’activité physique de ce type a montré également des effets bénéfiques pour l’amélioration de l’humeur avec des effets antidépresseurs autour des 40 minutes. Bien entendu, il est délicat de se motiver à courir 40 minutes en pleine dépression du fait du manque d’envie et d’énergie. Cependant, contrairement à l’idée reçue l’exercice réduit la fatigue et augmente l’énergie. Il serait donc au contraire un bon moyen pour casser cette fatigue entrainée par le manque d’activité et non le surplus. Si l’activité physique modérée est malgré tout trop compliquée, la marche s’est également montrée bénéfique. Bien évidemment du fait des effets de la nature vu dans un article précédent, il est d’autant plus conseillé de le faire dans la nature. La marche rapide fonctionne notamment sur la rumination. Enfin de par mon expérience au centre expert bipolaire, les patients que je vois le moins rechuter sont ceux qui pratiquent une activité physique régulière. Et moi même je me sens plus résistant aux périodes de moins bien et à l’anxiété quand j’ai trouvé la force d’aller courir la semaine. En espérant vous avoir donné envie de vous mettre ou remettre au sport !


Quand les émotions trompent le cerveau

Nous percevons la réalité non pas telle qu’elle est mais telle que notre cerveau peut la percevoir. Les ondes magnétiques ou encore les infrarouges sont toujours présents mais cette réalité est non perceptible par nos sens. Cependant, il serait faux de croire que notre cerveau ne fait pas que capter ce qu’il peut capter. Il prend souvent des raccourcis pour percevoir certaines informations au plus vite… quitte à parfois transformer la réalité. Ce phénomène est bien connu grâce aux illusions et par exemple le fait que nous sommes capables de lire un txete dnot les lrettes snot dnas le mauvias odrre.

Les erreurs sont généralement sans conséquence. Toutefois de façon plus embêtante la perception de la réalité va être également impactée par les émotions et vice-versa. Passer une nuit blanche et vous verrez le lendemain comme les gens vont vous paraître probablement plus ennuyeux ou plus agaçants, alors qu’au fond le monde est le même que la veille. Dans des troubles comme la dépression, il existe de nombreux biais de perception et d’interprétation. Les patients percevront autour d’eux plus facilement les éléments allant dans le sens d’une réalité dépressogène. De plus, leur esprit leur fera souvent sauter à une conclusion négative à partir de ces quelques indices seulement. Ils minimiseront également leurs succès et les attribueront aux autres alors que leurs échecs seront maximisés et attribués à eux-mêmes. Or cette perception négative automatique influencée par l’émotion influencera à son tour les émotions et contribuera au maintien de la dépression.

Ainsi dans les TCC, il est enseigné aux patients les nombreux biais qui affectent leur réalité afin qu’ils puissent petit à petit avoir une vue plus juste des choses et se détacher des pensées négatives.